Alors, qui va parler demain aux classes populaires ?? Pourquoi pas un nouveau « candidat du peuple » + une « femme du peuple » ?

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Alors, qui va parler demain aux classes populaires ??

Pourquoi pas un nouveau « candidat du peuple » + une « femme du peuple » ?

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Les classes populaires sont «clairement les grandes absentes de cette primaire»…

«Ma crainte, c’est que l’on ne soit plus capable de parler aux classes populaires, aux ouvriers, aux employés, aux femmes seules, aux retraités modestes», avertit Gérald Darmanin…

François Fillon saura-t-il capter ces classes populaires qui lui font défaut ?

Pas, si sûr !

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Article

Fillon président ?

A qui ira le vote populaire en 2017 ?

Présidentielle française – Les classes populaires sont «clairement les grandes absentes de cette primaire», analyse Jean-Daniel Lévy.

La France bourgeoise: plus de 41% des électeurs de la primaire avaient 65 ans et plus, appartenant à la classe supérieure.

La France bourgeoise: plus de 41% des électeurs de la primaire avaient 65 ans et plus, appartenant à la classe supérieure.Image: AP

Le vote caché serait-il resté caché… A qui ira le vote des classes populaires en 2017? Dans le débriefing de la primaire de la droite et du centre, ces questions sont cruciales. Elles tarabustent même les officines des candidats à la présidentielle 2017. Après les résultats surprise de l’élection de Donald Trump ou du Brexit au Royaume-Uni, la victoire imprévue et écrasante (66,5% des suffrages exprimés) de François Fillon lors de cette primaire des Républicains est-elle le signe d’une vague «filloniste» emportant tout sur son passage? Y compris l’adhésion et la colère du peuple que Nicolas Sarkozy se faisait fort de capter pour imposer son retour en politique. Non, il n’en est rien. Les classes populaires sont «clairement les grandes absentes de cette primaire», analyse Jean-Daniel Lévy, directeur du département Politique & Opinion de Harris Interactive, qui a enquêté sur la composition du corps électoral.

La droite a voté…

«La primaire de la droite et du centre a fait venir aux urnes une partie de la population, mais pas toute la population. Celle qui s’est déplacée est marquée par des caractéristiques sociales, politiques et d’âge importantes. Nous voyons une surreprésentation des personnes âgées, une surreprésentation des diplômés et des catégories supérieures. Et ces gens se situent eux-mêmes évidemment à droite sur l’échiquier politique», met en perspective Jean-Daniel Lévy. Dans les faits cela représente certes 4,3 millions d’électeurs, mais c’est à peine 10% du corps électoral. Pour comparer, les 27% de Nicolas Sarkozy lors du premier tour de la présidentielle 2012 représentaient 10 millions de voix. Il y a donc encore beaucoup d’électeurs de droite à ramener au bercail.

Est-ce toute la droite?

La composition du corps électoral de cette primaire des Républicains laisse aussi entrevoir des surreprésentations préoccupantes. Ou du moins qui interdisent les extrapolations d’un scrutin à l’autre. En effet, lors de ce deuxième tour de la primaire (dimanche 27 novembre), se sont surmobilisées dans les bureaux de vote les hommes (60%, +12 points par rapport à la population nationale), les personnes âgées de 65 ans et plus (41%, +17 points), les retraités (45%, +17 points), les classes moyennes et supérieures (26%, +3 points). Peut-on dès lors gloser sur le fait que les gens qui touchent déjà leur retraite (notamment les 65 ans et plus) se sont montrés favorables à un candidat qui veut repousser l’âge de la retraite? «C’était le suffrage des gens qui sont, socialement, à l’aise et à droite pour schématiser», glisse encore Jean-Daniel Lévy.

La France en loden

«Ma crainte, c’est que l’on ne soit plus capable de parler aux classes populaires, aux ouvriers, aux employés, aux femmes seules, aux retraités modestes», avertit Gérald Darmanin, au surlendemain du premier tour. Dans Le Figaro, ce soutien de Nicolas Sarkozy met en garde sa famille politique: «Les classes populaires constituent la majorité des voix pour une élection présidentielle. Si notre discours ne se concentre que sur la défense du libéralisme et la suppression de l’ISF (ndlr: impôt de solidarité sur la fortune), le FN fera, à la prochaine présidentielle, un score tout aussi surprenant que le résultat de dimanche», explique Gérald Darmanin. Ce jeune politicien est maire de Tourcoing, ville très populaire dans le Nord, où la participation à la primaire a été inférieure à 7% alors qu’elle a franchi les 20% dans certaines localités «bourgeoises». C’est la France en loden qui a voté, ose-t-il en allusion au célèbre tissu tyrolien qui constitue un incontournable de la garde-robe B.?C.?B.?G de province. Les chiffres sont en effet implacables, les classes populaires ont représenté à peine 18% du corps électoral: douze points au-dessous de son poids dans la population nationale.

Le vote ouvrier pour de Gaulle

Et Gérard Darmanin n’est pas le seul à tirer la sonnette d’alarme. Pendant que les euphoriques de la primaire habillent déjà François Fillon en président de la République, d’autres toujours sombres s’inquiètent. C’est le cas d’Henri Guaino, gaulliste canal historique, qui se présente à la présidentielle en dissident: «Avec un programme pareil, les classes populaires et les classes moyennes ne vont pas aller voter pour cette droite-là», s’est-il indigné. Le sulfureux Patrick Buisson, ancien conseiller occulte de Nicolas Sarkozy et idéologue de l’extrême droite, ne dit pas autre chose au Parisien. «La France sénatoriale et provinciale de François Fillon n’est pas la France en souffrance des catégories populaires, qui ne sont pas allées voter. Pour l’emporter en 2017, il doit impérativement sortir du ghetto des privilégiés s’il veut disputer cet électorat à Marine Le Pen et à Jean-Luc Mélenchon. C’est ce désenclavement sociologique qui a fait la fortune du gaullisme en 1947, en 1958 avec le retour du Général et de Nicolas Sarkozy en 2007», rappelle Patrick Buisson qui salue néanmoins la «révolution conservatrice» que représente François Fillon.

La bataille pour le peuple

François Fillon saura-t-il capter ces classes populaires qui lui font défaut? «Cet électorat est plus tourné vers l’abstention et le Front national. L’expérience montre que les classes populaires sont plus à la recherche de protection sur le marché du travail que de libéralisme», suggère comme une hypothèse Jean-Daniel Lévy. La gauche gouvernementale semble les avoir perdues depuis longtemps. Jean-Luc Mélenchon en capte encore une bonne partie. «Fillon se trompe. Les Français sont en attente de services publics qui fonctionnent, d’une Santé qui marche, d’une Education nationale qui tourne rond, d’enfants qui progressent à l’école», a réagi le tribun du Parti de Gauche, le soir de la victoire de l’ex-premier ministre.

Protectionnisme patriotique

Le Front national a évidemment lui aussi réagi au retour fracassant de François Fil­lon sur le ring des poids lourds tricolores. En surlignant son programme thatchérien. Manière de mettre en exergue le protectionnisme patriotique et régulateur du FN à l’intention des plus démunis. En résumé, François Fillon, c’est le libéralisme sauvage (lire ci-contre). Si ce discours a les accents du FN ouvriériste du Nord, le FN du Sud porté sur l’identité et les valeurs chrétiennes n’est pas davantage décidé à laisser filer son électorat.

Le combat identitaire aussi

Aussi, lorsque Le Monde consacre un reportage au vote filloniste dans le Vaucluse, la députée de la circonscription en question, une certaine Marion Maréchal-Le Pen, met les choses au point par communiqué de presse. «Oui, François Fillon est arrivé premier dans une ville comme Carpentras. Mais premier de l’infime partie du corps électoral vauclusien qui s’est déplacé: 5,22%… Celui qui se présente comme le chantre de l’identité est le seul premier ministre de la Ve République à avoir inauguré la plus grande mosquée d’Europe. Son projet aujour­d’hui n’est que la réponse à ses propres échecs, une réponse inadaptée dont les classes moyennes, populaires et les campagnes seront les grandes perdantes.» Encore une fois, on retombe sur ces classes populaires déjà au centre de l’élection présidentielle de 2017.

http://www.24heures.ch/monde/europe/fillon-president-ira-vote-populaire-2017/story/19136352

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