L’heure de la reconquête a sonné pour Nicolas Sarkozy. C’est le 2ème round qui commence…

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L’heure de la reconquête a sonné pour Nicolas Sarkozy. C’est le 2ème round qui commence…

 

Monsieur Sarkozy,

Fillon n’est qu’un mirage.

Faites-moi confiance. Je vous le redis.

Il n’arrivera jamais à rassembler toutes les droites et à porter un message suffisamment convainquant pour 2017…

Regardez déjà « la tête » de Juppé à son endroit ! Il ne le soutient que « contraint et forcé », tout comme vous d’ailleurs ! Contraints tous deux par une charte ? « Au diable », les chartes !

Son élection récente à la primaire de la droite et du centre est juste un leurre, un vote par défaut, qui était seulement là pour vous dégager, vous, Monsieur Sarkozy.

Mais, les français n’en veulent pas de Fillon !

Présidentielle 2017 : 56% de Français ne sont pas disposés à voter pour François Fillon.

Les français ne savent d’ailleurs pas ce qu’ils veulent. Ils sont perdus.

Non, Fillon ne gagnera jamais la Présidentielle !

Et puis, Fillon n’est pas assez fort pour battre Marine Le Pen.

Son programme n’est pas le bon.

Et ce n’est pas avec seulement les retraités et les catholiques, ou une certaine droite conservatrice, qu’il va l’emporter !

Seul vous, pourrez battre Marine Le Pen, Monsieur Sarkozy ! 

Lorsqu’un premier round est perdu, il y a le deuxième, puis le troisième… Monsieur Sarkozy…

Et moi ce qui m’intéresse, c’est la fin de partie.

Et la fin de la partie ne sera pas celle que tout le monde croit.

C’est vous, Monsieur Sarkozy, qui serez Président de la République en 2017 !

Mais à une seule condition : raconter une autre histoire de vous aux français !

Et pour cela, faites-moi confiance.

Laissez parler les commentateurs !

Bien à vous.

Carole Martel El Mehdaoui – Femmes du peuple

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« Le champion de toutes les droites » ne sera pas François Fillon… mais Nicolas Sarkozy accompagné autrement vers une fin de partie heureuse !

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Article

Maintenant qu’est sorti du chapeau « le champion de toutes les droites »

La course qui mène au 7 mai 2017 est maintenant véritablement lancée et, sur la ligne de départ, le compteur de l’opinion dit que 56% de Français ne sont pas disposés à voter pour François Fillon.

Maintenant que la primaire de la droite et du centre est jouée, il n’est pas inutile de revenir sur le premier tour de ce scrutin dont le coup de théâtre reste aussi stupéfiant qu’inexpliqué. Car ce qui n’a pas été relevé, c’est que le résultat était écrit dans un sondage du vendredi 18 novembre, au lendemain du dernier débat réunissant les sept prétendants, soit deux jours avant le vote !

On ne s’est pas beaucoup interrogé finalement sur le score du premier tour de la primaire, inconcevable la veille du vote, qui a donné 44% des 4,2 millions de votants à François Fillon. D’autant que les analystes annonçaient qu’en cas de forte mobilisation de votants – la fourchette de participation était annoncée entre 2,5 et 4 millions –, le jeu s’ouvrirait plus largement et mobiliserait les périphéries de la droite.

Le résultat était écrit à l’issue du troisième débat, mais on ne l’a pas jugé crédible

La campagne de ces primaires s’est concentrée sur les seules deux figures jugées à même de l’emporter, au point d’occulter les coulisses. Le débat s’est d’abord concentré sur celui qui faisait le plus d’efforts médiatiques pour y parvenir, au point de devenir l’homme à abattre. Et dans les tous derniers jours, une incertitude a fait irruption, troublant le jeu à deux figé depuis des semaines, et installant l’hypothèse d’un troisième homme.

Le résultat sorti des urnes a pulvérisé les pronostics par l’ampleur des chiffres : une participation que personne n’osait pronostiquer à ce niveau, l’explosion en plein vol de celui qui paraissait le mieux armé politiquement, et la consécration du troisième homme sur un résultat qu’aucun analyste ne se serait risqué à parier.

Les analystes politiques ont manqué de perspicacité. Car ce qui n’a pas été relevé, c’est que le résultat était écrit noir sur blanc et publié le vendredi 18 novembre, au lendemain du dernier débat réunissant les sept prétendants, c’est à dire deux jours avant le vote !

Un sondage OpinionWay, pour Le Point, avait établi que parmi les personnes ayant l’intention de voter à la primaire, les réponses à la question « lequel des candidats vous a le plus convaincu ? » lors de ce troisième débat, donnaient dans l’ordre : Fillon recueillant 45 % de convaincus, Juppé 23 %, Sarkozy 20 %, NKM 3% [Soit, très précisément, le résultat du vote du 1er tour qui, pour rappel, donne : Fillon 44,1 %, Juppé à 28,6 %, Sarkozy 20,7 %, NKM 2,6%].

Preuve de l’importance de ce dernier moment de la campagne, les chiffres sur la crédibilité des candidats au moment des débats se sont trouvés confirmés par ceux de l’enquête « sortie des urnes » (sondage Harris-LCP, Public Sénat). En effet, les personnes qui se sont déplacées pour voter, ont été, à la sortie du bureau de vote, 47% à estimer que Fillon avait fait la meilleure campagne, 22% à penser que c’était Juppé, et 17% Sarkozy.

L’autre résultat majeur du vote, tout aussi massif, est l’éviction sans appel de l’ex Président de la République. Une proportion importante des électeurs a fait son choix avant tout pour faire barrage à Nicolas Sarkozy. Globalement, le vote anti-Sarkozy a été le fait de 42% des votants (électeurs ayant déclaré avoir voté surtout « pour que Nicolas Sarkozy ne gagne pas », selon enquête Harris pour LCP et Public Sénat). L’ampleur du rejet de Nicolas Sarkozy brouille en réalité le résultat de ce premier tour, au risque de donner aux deux derniers protagonistes restés en lice pour le second tour, des poids en nombre d’adhésion, qu’ils n’ont pas réellement eu.

D’où cette question restée jusque-là sans réponse évidente : comment s’est opéré le coup de théâtre et qui, finalement, a fait le roi de la primaire ?

Un basculement brutal, dans les derniers jours

Le sondage « sortie des urnes » révèle que les deux-tiers des électeurs de Fillon au premier tour se sont mobilisés pour voter dans les deux dernières semaines, alors que les deux-tiers des votants de Juppé, comme de Sarkozy, s’étaient décidé de longue date (Harris-LCP, Public Sénat). Il est clair que le basculement a eu lieu dans la foulée des deux derniers débats. Et il s’est opéré, alors que les votants eux-mêmes restaient persuadés de la victoire annoncée d’Alain Juppé (le sondage « sortie des urnes » indique que ceux qui venaient de voter et qui ne connaissaient pas encore les résultats, plaçaient toujours Juppé largement en tête du pronostic).

De fait, le premier tour de la primaire a suscité deux vagues de mobilisation. Comme le suggèrent les déclarations des votants qui ont précisé le moment où ils ont pris la décision de participer à la primaire, une première vague s’était constituée il y a plus d’un mois et avait établi les positions du duel au sommet entre Sarkozy et Juppé. Tout les opposant ; le débat était clairement posé, au sein de la droite comme pour l’ensemble des Français.

La seconde vague de mobilisation s’est levée après le second débat de la primaire pour porter en avant le choix Fillon. Pourquoi ? Comment ?

Un éclairage par la sociologie du vote s’impose. Bien souvent, et particulièrement dans les élections récentes dont les résultats ont déjoué les sondages, la lecture des cartes de répartition du vote suffit à éclairer la sociologie du positionnement électoral. Juppé a dominé dans ses terres du Sud-Ouest et parmi les urbains plus jeunes des grandes villes. Sarkozy a fait ses meilleurs scores dans le Nord, l’Est et le pourtour méditerranéen, et mobilisé les fractions modestes des votants de droite. Quant à Fillon, il réussit quelque chose de spectaculaire qui constitue le troisième fait majeur de cette élection. Il arrive en tête dans 87 départements, d’une manière remarquablement homogène : dans un très grand nombre de bureaux de vote son score est quasi identique au résultat national.

L’homogénéité des résultats sur le territoire est un mystère, assez unique en son genre. Mystère qui conduit à s’étonner, une fois encore, de la faillite des prévisions sondagières.

Pour autant, la configuration est bien différente des cas d’école qu’ont offert le Brexit comme l’élection américaine. Pour ces derniers, les explications sont à trouver dans les fractures territoriales qui conduisent à des votes radicalement opposés entre villes et couronnes suburbaines, entre territoires intégrés et territoires en déclin. Mais aussi par des convergences improbables entre des populations pauvres et des populations riches partageant la même aspiration au repli identitaire, le camp gagnant étant porté par une combinaison sociologique hétérogène difficile à cerner pour les prévisionnistes. Les échantillons nationaux des instituts de sondage, limités en taille, ont eu beaucoup de mal à les évaluer avec précision.

Mais s’agissant de la primaire de la droite et du centre, rien de tel, bien au contraire. Le niveau du vote en faveur de Fillon est tellement homogène que n’importe quel échantillon d’enquête au niveau national, si réduit soit-il, aurait été en mesure de l’estimer avec une bonne marge de précision. On doit admettre que les intentions de vote estimées par les sondages au cours de la campagne ont été subverties par la seconde vague de mobilisation des derniers jours. Seuls les tous derniers sondages ont pu la capter, mais les chiffres soudain à la hausse ont paru peu fiables et les analystes se sont réfugiés dans la prudence.

Même l’équipe de campagne du vainqueur a admis le soir du vote ne pas avoir vu venir l’ampleur du résultat !

Une catégorie sociologique étroite a fait le roi

Qui donc a fait le roi Fillon ? Les chiffres sont troublants, l’emballement du scenario tout autant. Faut-il y voir la mobilisation, « comme un seul homme », d’une fraction bien précise de la population répartie dans tout le territoire (Corse et Dom-Tom exceptés), qui aurait été mise en mouvement par un efficace activateur d’opinion ? Il est certain que les réseaux sociaux ont pris une part très active au labourage électoral dans la dernière ligne droite (la stigmatisation de « Ali Juppé », l’activisme des émules de la Manif pour tous, ont à coup sûr joué un rôle).

Résumons. La sociologie du vote, établie par les sondages de sortie des urnes, indique que les votants pour Fillon sont, plus que la moyenne, des hommes (63%), âgés et inactifs (56%), de catégorie socio-professionnelle moyenne et surtout supérieure (89%), dont la majorité habitent des communes urbaines de province, et se définissent comme étant de tradition catholique.

Les jeunes se sont peu sentis concernés par ce scrutin : parmi les votants, on ne compte que 19% de 18-34 ans. [Enquête Harris Interactive pour LCP et Public Sénat, réalisée en ligne le dimanche 20 novembre 2016, d’après un échantillon de 6062 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus dont 613 électeurs au 1er tour de la Primaire de la droite et du centre].

Finalement, la faction de la société qui a levé la vague en faveur de François Fillon serait une couche sociale assez nettement circonscrite : des possédants âgés, se revendiquant catholiques, concernés par la sauvegarde aussi bien de leurs intérêts patrimoniaux que de leurs valeurs ancrées dans le conservatisme. La primaire de droite a offert à cette catégorie sociale une opportunité de choix pour prolonger et traduire politiquement le mouvement social le plus significatif qui se soit développé en France ces dernières années, celui de la Manif pour tous, un mouvement qui a été qualifié par certains de « mai 68 de droite ».

Un véritable hold up de la primaire de la droite a été opéré par cette catégorie très ciblée, par ailleurs minoritaire, porteur de ce l’on pourrait qualifier de « réaction des possédants ».

Cette « réaction » voulait tout à la fois écarter un Sarkozy trop populiste, se prémunir de la déshérence sociale-démocrate vers laquelle Juppé est suspecté de pencher, et clamer son attente d’un programme radical (débarrassé du bonapartisme) qui fasse rempart au risque que représente le FN. Car sociologiquement, la coupure est forte entre la « réaction des possédants » et le « peuple » du FN. Alors que ce dernier attend la protection d’un chef qui le sauvera de la mondialisation qui l’étrille, la première attend que ses intérêts économiques et l’ordre moral qui la conforte soient défendus contre la dérive de l’Etat social multiculturel.

Une fraction aussi spécifique peut certes prendre d’assaut la primaire et faire d’un candidat son champion, à la surprise générale, y compris de l’intéressé. Mais de là à lui apporter la surface politique nécessaire pour l’emporter dans une élection présidentielle, il y a plus qu’un pas. Poussé par ses partisans dans le coin droit de la droite, fervent d’un libéralisme économique jamais mis en œuvre en France, adepte de la réaction morale qui, il faut bien l’admettre, prospère aujourd’hui dans nombre de pays développés, prônant la méthode expéditive dont rêve la droite (gouverner par ordonnance, en cassant le contre-pouvoir syndical), cultivant des alliances contre nature pour la tradition française (Poutine, Assad), sera-t-il en capacité de fédérer l’ensemble des Républicains, puis de convaincre une majorité de Français ?

Ce n’est pas, à coup sûr, le mouvement de la Réaction des possédants qui pourra l’accomplir. Mais la machine de la promotion médiatique est en marche et le relais déjà pris par le « système politico-médiatique », que d’aucuns nomment « establishment ». Il n’est que de voir comment le milieu des commentateurs politiques, de tous bords, tient pour acquit la victoire de François Fillon, combien de reportages s’emploient à établir la crédibilité de sa mue en présidentiable, tandis que peu de voix politiques dénoncent le coup de force de cette catégorie étroite qui a fait le roi pour la défense de ses seuls intérêts.

François Fillon va donc être paré des mérites de l’homme déterminé et austère, assumant sans réserve le vent de Réaction dont rêvent les classes possédantes de droite. Imaginons pareil scénario à gauche, qui verrait Mélenchon engranger 45% des voix, à la faveur de la mobilisation d’une catégorie particulière, la classe moyenne modeste en ascension, votant pour défendre ses intérêts et bénéficier d’un accélérateur de promotion sociale.

Fillon, comme Mélenchon, pourraient-ils être les rassembleurs de leur camp, sans en passer par une reformulation de leur programme, et des volte-face sur les mesures les plus intenables ? Comme cela s’esquisse déjà à travers plusieurs polémiques engagées lors des derniers débats de la primaire, comme celle sur l’adoption ou l’avortement.

La course qui mène au 7 mai 2017 est maintenant véritablement lancée et, sur la ligne de départ, le compteur de l’opinion dit que 56% de Français ne sont pas disposés à voter pour François Fillon. La France est ainsi partie pour renouer avec des clivages idéologiques musclés, qu’elle avait oubliés depuis le programme commun de la Gauche (soit 35 ans en arrière).

Est-on condamné à élire des figures politiques qui ne savent plus diriger avec autorité au nom de l’intérêt général et de la justice sociale et qui, de fait, ne gouvernent que pour satisfaire des catégories d’intérêt particulières ? Dérive de plus en plus fréquente à travers le monde dira t-on, dont les Français se croyaient prémunis. Mais n’était-ce pas une grande illusion que de se penser à l’abri de l’exacerbation et du choc des intérêts antagonistes ? Une illusion qui, de fait, coûte cher à la gauche et au centre et explique leur durable dépression.

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