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Article > « Ségolène Royal n’a pas su parler aux femmes du peuple »

Publié le 7 mai 2007.

L’analyse de Mariette Sineau, politologue au Cevipof et chercheur au CNRS. Elle étudie le genre et la citoyenneté. Elle explique pourquoi «le vote femme» n’a pas forcément avantagé Ségolène Royal.

Il faudra attendre les résultats détaillés du second tour, mais j’ai déjà pu dégager des points précis grâce à l’enquête préélectorale PEF*. Il existe un «gender generation gap», c’est à dire une différence de vote entre hommes et femmes qui joue de manière inversée selon les tranches d’âges. Chez les 18-24 ans, 32 % des femmes votent Royal, contre 25 % des hommes. Chez les 65 ans et plus, les femmes sont plus conservatrices que les hommes. Au premier tour, elles ont voté Nicolas Sarkozy à 44 %, contre 33 % des hommes. Or, du fait du vieillissement de la population et de la surreprésentation des femmes dans la population des 65 ans et plus, on peut dire qu’elles font le Président en terme de vote marginal.

Les femmes âgées sont sensibles au discours sur la sécurité ?

Oui. Beaucoup sont veuves ou vivent seules, et se sentent fragiles. Elles ont peur des agressions, même si c’est plus une peur qu’un danger réel. Par ailleurs, pour une femme âgée, le vote Royal était doublement transgressif : c’était un vote de gauche et pour une femme, alors que leur code de représentation symbolique associe pouvoir et masculinité.

Ségolène Royal n’a pas su s’adresser aux femmes ?

Je pense qu’elle a abordé trop tard la question du salariat féminin, au lieu d’en faire l’emblème des inégalités sociales de la France. Le retour des catégories populaires vers la gauche n’est pas passé par les femmes. Au premier tour, 32 % des ouvrières auraient voté Sarkozy et 30 % des chômeuses. Alors que les chômeurs hommes ont voté Royal à 39 %. Elle n’a pas su parler aux femmes du peuple.

Qui sont celles qui ont voté Royal ?

Elle réussit chez les étudiantes (38 % au premier tour), les jeunes, les diplômées du supérieur, les areligieuses.

Vous soulignez le fait que la présidentielle est une élection qui privilégie la masculinité

Historiquement comme le disait de Gaulle, c’est « la rencontre entre un homme et un peuple », et à l’époque, le mot «homme» est à comprendre comme «individu masculin». Il n’était pas question qu’une femme se lance dans la compétition. La première à avoir osé était Arlette Laguiller en 1974.

Une femme au second tour, c’est historique…

C’est la première fois qu’une femme obtient l’investiture d’un grand parti de gouvernement. Même si elle a perdu l’élection, elle l’a fait avec un score qui est celui de Jospin en 1995, c’est honorable. Je pense que son avenir n’est pas hypothéqué, elle a beaucoup inventé dans cette campagne, de la démocratie participative au rapprochement avec le centre, elle a fait bouger les lignes au sein du PS, et elle a probablement un avenir dans la rénovation du parti, et pour la présidentielle de 2012.

* Enquête Panel électoral français 2007, Cevipof avec ministère de l’Intérieur

©2007 20 minutes
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