« Je suis Française, je suis musulmane »…

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Carole Martel El Mehdaoui : « Je suis Française, je suis musulmane »…

Et moi, si j’en avais des propositions concrètes… pour parler de l’identité de notre pays ?

Carole Martel El Mehdaoui E1

Nicolas Sarkozy : « Je suis Français, je suis chrétien »…

Comment entend-il procéder pour faire renaître cette France qui serait menacée ? Nicolas Sarkozy, qui entendait donner une vision mais pas des propositions, reste dans le flou. 

En meeting mercredi soir dans le Nord, le très probable candidat à la primaire était venu parler de la France. Au menu : identité, immigration, Islam et autorité.

« Nicolas Sarkozy va dire des choses fortes ». Son équipe avait fait passer le message à la presse et aux parlementaires. Ce 8 juin, à Saint-André-lez-Lille dans le Nord, le président des Républicains et candidat non déclaré à la primaire – même si c’est tout comme – allait faire un discours marquant sur la France.

Message entendu à Paris : la presse et les élus soutenant Sarkozy étaient tous dans le TGV en partance pour les Hauts-de-France. Sur place en revanche, ce n’était pas la foule des grands soirs : « merci d’être venus nombreux malgré les inondations et la rocade qui est fermée », tentait le « speaker » mais dans l’ancienne filature où se tenait le meeting, plusieurs chaises sont restées vides et l’ambiance plutôt calme…

« Mes chers amis, je suis Français. […] Cette identité si précieuse… »

Dès les premiers mots, le ton est donné. Pour ce discours présenté par ses proches comme « fondateur », l’ancien président de la République revient sur ce terrain identitaire qu’il affectionne et que son ancien conseiller à l’Elysée Patrick Buisson lui conseillait tant de labourer. Aux yeux de Sarkozy, la question numéro un de la primaire, puis de la prochaine présidentielle, se résume ainsi :

« La France que nous avons cru éternelle, comme ses landes de granit breton ou ses grands plateaux de l’Aubrac… n’est-elle pas en train de se dissoudre ? »

Et il entend bien faire la différence sur ce sujet : n’ose-t-il pas, lui, dire les choses quand ses concurrents ont à ses yeux des discours plus timorés ou déconnectés ?

De religion, il est beaucoup question

Que dit-il justement ? Rien de très neuf quand il fustige les « élites » ou encore « le politiquement correct », comme il l’avait fait en 2007 ou 2012. La gauche est accusée de tous les maux : selon Sarkozy, elle « n’aime plus le peuple », promeut depuis les années 1980 « une société multiculturelle », « se prosterne devant les communautés », se couche devant « la tyrannie des minorités ». Dans le même sac, les zadistes de Notre-Dame-des-Landes, les gens du voyage qui bloquent une autoroute, et les islamistes radicaux qui « prennent en otage un quartier »…

Mais, estime-t-il, il y a un « réveil de la conscience nationale » dont il se veut le porte-parole. N’hésitant pas à reprendre à son compte l’expression d’ »immigration massive » chère au Front National, il explique que « la confrontation à une immigration massive et communautarisée et à un islam intégriste minoritaire a souligné par contraste la dissolution de nos liens, l’affaiblissement de nos institutions, la remise en cause de nos modes de vies ».

(Philippe Huguen / AFP)

De religion, il est beaucoup question. « Je suis chrétien », lance l’ancien président, avant de poursuivre sur la France, « un pays chrétien dans sa culture et dans ses mœurs, un pays ouvert, accueillant, tolérant ; et c’est ce pays que doivent respecter ceux qui veulent y vivre ». Sarkozy a aussi un mot pour « nos compatriotes de confession juive, présents sur notre sol depuis 2.000 ans », « pleinement Français ». Sur l’islam, le discours diffère : certes, il rend hommage au « sang versé des musulmans français lors des deux guerres mondiales ». Mais il prévient :

« Chacun a le droit de vivre sa religion, les musulmans comme les autres, mais dans la conformité stricte aux principes de laïcité et dans l’harmonie avec le mode de vie français ».

« Fixer les règles d’un islam de France »

Comment entend-il procéder pour faire renaître cette France qui serait menacée ? Nicolas Sarkozy, qui entendait donner une vision mais pas des propositions, reste dans le flou.

Devant ses soutiens alignés au premier rang – François Baroin, Eric Woerth ou encore Rachida Dati – le presque candidat parle d’une « politique de la Nation » qui « devra défendre nos us et coutumes, notre langue, nos traditions culinaires, nos habitudes vestimentaires » ; il veut « fixer les règles d’un nouvel islam de France, sinon la société courra de grands risques d’affrontement » et souhaite reconstruire une école qui doit être « le conservatoire de la culture française, des valeurs de la République, du savoir-vivre français ».

Dernier chantier : rétablir l’autorité, autre thème sur lequel l’électorat de droite est très réactif. Et là encore, sans surprise, il s’estime le mieux placé pour l’incarner.

M.T.

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